Dans son rapport 2019 sur les industries en France, LinkedIn met en lumière les professions émergentes. Les résultats de l’étude, présentés le 10 octobre dernier en présence d’Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, soulignent la percée des compétences digitales, une lente féminisation et des diplômes de moins en moins discriminants.

Industrie manufacturière, biens de consommation, logiciels et services informatiques, matériel et réseaux, énergie et mines, tels sont les cinq secteurs clés sur lesquels “Le rapport sur les industries en France”, publié par LinkedIn en octobre dernier, se focalise. Pour ces cinq catégories, l’enquête recense un total de 341 000 offres d’emploi proposées sur LinkedIn au cours du deuxième trimestre 2019. Cette étude, commandée par le ministère de l’Économie et des Finances, entend comprendre les dynamiques d’emploi dans l’industrie. Le géant des réseaux sociaux s’est ainsi fixé trois objectifs : établir un état des lieux des métiers et compétences dans l’industrie française d’aujourd’hui, analyser les différents niveaux de formation en vue de fournir des lignes directrices pour la gestion de carrière et étudier les rôles des femmes et les opportunités dans ce secteur. Pour y parvenir, LinkedIn a réalisé une cartographie de l’évolution des professions et compétences en analysant les profils de ses membres en France, soit 5 millions de ses 18 millions de membres, passés sous l’anonymat pour les besoins de l’enquête.

Quelles professions émergentes et compétences associées ?

Sur l’ensemble des industries, LinkedIn a identifié trois domaines de métiers émergents* : les professions liées aux (nouvelles) technologies, celles attachées à la gestion de talents et, enfin, celles associées aux métiers de la vente et de la relation clients. Dans toutes les industries, à l’exception du secteur énergétique et minier, les compétences attendues sont principalement digitales sur les professions émergentes. Face à ce constat, Agnès Pannier-Runacher soulève une question : désormais, comment transférer plusieurs milliers d’emplois dans le digital ? Selon elle : « La formation professionnelle est la mère de toutes les batailles. » Convaincue que l’État ne pourra y parvenir seul, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances en appelle aux industriels pour réinventer les compétences intersectorielles.

Une féminisation qui avance à petits pas

De façon générale, même si ces tendances soulevées par l’étude sont autant valables pour les femmes que pour les hommes, des différences demeurent. La féminisation des métiers émergents gagne certes du terrain, mais progresse lentement. Ainsi, dans le secteur des logiciels et services informatiques, seuls 32 % des professions émergentes sont exercées par des femmes. Parallèlement, dans  l’industrie matériel et réseaux, les nouveaux métiers de la vente prédominent pour les femmes qui occupent des postes tels qu’ingénieure ou attachée commerciale, assistante des ventes, responsable marketing et communication, tandis que les hommes, eux, sont sur des fonctions telles que spécialiste en intelligence artificielle, technicien fibre, installateur, lignard. Même constat dans le secteur énergétique et minier où les femmes occupent plutôt des fonctions liées aux ressources humaines, à la gestion ou à la comptabilité, alors que les hommes sont ingénieurs et techniciens.

Les-metiers-du-numerique
Les-metiers-du-numerique

Des transitions de compétences possibles entre industries

Pour les industries clés étudiées par LinkedIn, le secteur logiciels et services informatiques est le premier vivier de recrutement. Cette observation reflète non seulement la digitalisation des métiers industriels, mais aussi que les compétences associées aux professions émergentes sont transférables dans différents secteurs industriels.

Ainsi, les professionnels qui rejoignent l’industrie manufacturière proviennent principalement du secteur des logiciels et services informatiques (17,6 %), et, dans une moindre mesure, des services aux entreprises (12,1 %), des biens de consommation (8,5 %), de l’éducation (7,9 %) et de la vente (6,5%). Côté industrie biens de consommation, la tendance est la même puisqu’arrivent en tête des recrutements des candidats issus des logiciels et services informatiques (12,3%), devançant ceux émanant des services aux entreprises (10,1 %). Le secteur énergétique et minier, pour sa part, se démarque en recrutant essentiellement dans l’industrie manufacturière (31,2 %), les professionnels provenant des logiciels et services informatiques arrivant en troisième position (10,5 %).

Le niveau d’études est de moins en moins discriminant

Le rapport met également en avant que le nombre d’employés avec un niveau Bac ou Bac+2 est “relativement” plus élevé que celui des masters pour accéder aux métiers émergents. On peut ainsi en déduire que le niveau de formation atteint ne serait donc pas un obstacle pour entrer dans ce type de professions, même si le Master reste toutefois le plus commun.

Dans l’industrie des biens de consommation, les opportunités d’accéder aux métiers émergents sont bien réelles et ce, quel que soit le niveau de diplôme. Cependant, on observe que 42 % des personnes qui exercent une profession dite émergente possèdent un niveau Bac+5, 23 % une licence et 19 % un Bac+2.

Seule exception : le secteur des logiciels et services informatiques où les emplois émergents présentent des niveaux de formation plus élevés que dans les autres industries. Le niveau Master reste le plus commun avec 69 %, contre 10 % pour la licence et 7 % pour le Bac +2.

*

Une profession ou une compétence sont dites émergentes quand elles ont significativement progressé dans une région, en comparaison des croissances observées entre 2014 et 2019, indépendamment du nombre en valeur absolue.

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