Pour un produit tombé en panne, seuls 36 % des Français le réparent contre 54 % qui le remplacent [1]. Pour les inciter à inverser la tendance, l’affichage d’un indice de réparabilité devient progressivement obligatoire. Qu’implique-t-il pour les industriels en termes de process et de RH ? Acteur de la réparabilité depuis 1975, le Groupe SDS est le 1er stockiste français de pièces détachées et d’accessoires. Entretien avec Marion Clément, sa Directrice Marketing & Relation Client, qui est par ailleurs membre de plusieurs groupes de travail sur l’économie circulaire.

En quoi consiste le nouvel indice de réparabilité ?

C’est une innovation française dont les contours ont été définis par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) de 2020. Depuis le 1er janvier 2021, cet indice est apparu en magasin pour cinq familles de produits : les lave-linges à hublot, les téléviseurs, les ordinateurs portables, les smartphones et les tondeuses à gazon électriques. Il se traduit par une note de 1 à 10 matérialisée par une couleur, du rouge vif au vert foncé. Plus l’indice est élevé, plus il sera vert et facile à réparer. Plusieurs critères entrent en compte : la disponibilité et le prix des pièces détachées, le caractère démontable du produit, l’accès à la documentation technique… La méthodologie de calcul a été définie dans le cadre d’une large concertation menée pendant 2 ans et demi. Cette mesure a plusieurs objectifs : mieux informer le consommateur pour l’aider à faire des choix éclairés, développer des filières de réemploi, mais aussi lutter contre l’obsolescence (programmée ou non). J’appartiens à plusieurs groupes de travail créés par le Commissariat général au développement durable (CGDD) et nous nous penchons actuellement sur d’autres catégories. Un indice de réparabilité devrait ainsi voir le jour courant 2022 pour les lave-linges avec ouverture par le haut, les aspirateurs, les nettoyeurs haute pression, les lave-vaisselles et les tablettes.

Quelles sont les conséquences pour les industriels en termes de process et de compétences ?

En tant que critères évalués, la disponibilité des pièces détachées et le caractère démontable de l’appareil ont un impact sur la conception et la production. Si la pièce détachée a toujours été un petit service à part chez les marques, elles doivent aujourd’hui l’intégrer pleinement à leur offre pour être bien classées. Les industriels vont ainsi devoir s’engager à les garder plus longtemps, tout en revoyant leur process de fabrication pour mieux les scinder. En effet, pour des questions de coût les pièces détachées sont de plus en plus agglomérées, rendant les appareils plus difficilement réparables. En la matière, certains secteurs comme l’informatique et la téléphonie sont moins avancés que l’électroménager par exemple. Revoir la conception et la fabrication implique de faire plus de R & D et de s’entourer d’ingénieurs qui travaillent sur de nouveaux matériaux. C’est un changement de paradigme qui crée aussi de l’emploi dans la réparation. Certains fabricants rachètent des acteurs du SAV pour pouvoir intégrer ce service. Si la réparabilité est notre cœur de métier depuis plus de 45 ans, le groupe SDS a un rôle à jouer pour l’accélérer. C’est pourquoi nous avons lancé une marketplace pour mutualiser les stocks de pièces détachées qui dorment chez les réparateurs . Elle permet de favoriser la remise en circulation des pièces non utilisées et d’alléger fortement le bilan carbone des consommateurs (un appareil réparé est évidemment plus vertueux qu’un appareil neuf).

Quels sont les bénéfices d’un bon classement et, à l’inverse, les risques d’un mauvais ?

Le 1er bénéfice est pour la société car un produit plus facilement réparable permet d’éviter l’impact lié à la fabrication d’un nouveau. Si l’on se focalise sur le consommateur français, ses critères d’achat sont en train d’évoluer. En effet, si le prix reste déterminant dans le choix d’un appareil électrique ou électronique, la réparabilité gagne du terrain. Une étude récente de l’ADEME la place en 4ème position, derrière le prix, la fiabilité et la performance. En plus du risque de perte de parts de marché, un mauvais indice de réparabilité pourrait écorner l’image d’un fabricant dans un contexte où les populations attendent des engagements concrets en matière d’environnement.

Cet indice de réparabilité n’est qu’une première étape avant un futur indice de durabilité. Pouvez-vous nous en dire plus ?

À l’horizon 2024, il intégrera la réparabilité, bien sûr, mais aussi la robustesse, la longévité, l’évolutivité et la recyclabilité. Faire que les appareils soient réparables est important, mais il faut qu’ils durent et ne soient pas réparés tous les six mois. Ce nouvel indice soulève des enjeux importants en termes d’éco-conception et du temps est nécessaire pour construire une méthodologie fiable, contrôlable et contrôlée. N’oublions pas qu’au final le comportement des consommateurs sera déterminant. Ces indicateurs les aident à s’orienter, mais ils sont au cœur de la réussite de la démarche : en choisissant réellement ces produits et en leur donnant une seconde vie !

A savoir

Acteur de la réparabilité depuis plus de 45 ans, SDS regroupe 5 millions de références de pièces détachées et d’accessoires issues de 900 marques, dont 40 000 pièces en stock permanent.

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