Les récents exemples chez OVH, dans l’usine de Lubrizol ou bien l’explosion d’une partie du port de Beyrouth prouvent que le risque incendie est un enjeu majeur pour les sites industriels. Au-delà de la réglementation existante, il est indispensable d’organiser correctement la prévention. Didier Bourgeois, expert sûreté et sécurité chez Securitas, vous livre ses conseils.

Un départ d’incendie réunit trois éléments, qui constituent le “triangle du feu” : un combustible, une source d’inflammation (apport d’énergie) et un comburant, qui est le plus souvent l’oxygène présent dans l’air. Les causes les plus fréquentes sont : les travaux par points chauds (avec un chalumeau par exemple), les dysfonctionnements électriques, les cigarettes mal éteintes mais aussi les actes de malveillance. “Ces derniers, contrairement à ce que l’on croit, ne sont pas anecdotiques : ils sont même en forte progression. Ils peuvent être liés à une fraude à l’assurance, à un acte de terrorisme mais aussi à des actes de vengeance. On recense malheureusement plusieurs cas de salariés licenciés qui reviennent mettre le feu à leur entreprise.”

Un cadre réglementaire fort en matière de sécurité incendie

Deux grands corpus encadrent la prévention incendie sur les sites industriels.

D’abord, le Code du travail, qui impose à toutes les entreprises d’évaluer ses risques et de les recenser dans un Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP). Elles doivent notamment prévoir certains moyens d’extinction (extincteurs portatifs), de désenfumage, de signalisation et d’alarme évacuation, ainsi que des consignes incendie et des exercices d’évacuation. Pour les sites où le risque incendie est associé à un risque d’explosion (raffineries, minoteries, etc.), il est nécessaire de conduire une étude spécifique (Document relatif à la protection contre les explosions – DRPCE).

Deuxième corpus : le Code de l’environnement, qui régit les Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), classées selon le niveau de risques qu’elles présentent pour l’environnement et la population, le plus haut étant la classification Seveso ‘seuil haut’. Ces installations sont soumises à des contraintes extrêmement précises, l’autorisation d’exploiter étant délivrée par arrêté préfectoral après vérification du respect des conditions demandées. “Si, en plus, ces sites accueillent du public, pour des formations, des séminaires par exemple, d’autres contraintes en matière de sécurité incendie viennent s’ajouter (règlement de sécurité incendie des ERP).”

En complément des deux précédents corpus réglementaires, les assureurs peuvent également imposer certaines dispositions, par contrat, auprès des entreprises industrielles pour obtenir un certain niveau de sécurité. Quelquefois, ces obligations contractuelles peuvent exister dans le cadre de la relation commerciale entre l’industriel et son client. “Par exemple, un constructeur automobile va demander à son sous-traitant de faire surveiller son site, d’installer des sprinkleurs. Le but étant d’assurer la continuité de sa supply-chain et de son activité économique.”

“Il existe un vieil adage qui dit que pour arrêter un incendie, il faut un verre d’eau la première seconde, un seau d’eau la première minute et une tonne d’eau au-delà de 10 minutes.”

Prévenir avant tout, réagir correctement

“Quand on sait que les trois quarts des entreprises victimes d’un incendie déposent le bilan dans les cinq ans qui suivent, il est indispensable d’organiser la prévention.” Au niveau de la conception du site d’abord, en séparant les bâtiments et en pensant à l’accès pour les secours. Au niveau des bâtiments ensuite, en compartimentant les zones grâce à des portes coupe-feu, en ayant une ventilation et une stabilité au feu suffisantes et en limitant la quantité de combustibles. “Un point souvent oublié est celui des personnes à mobilité réduite ou en situation de handicap. Il faut par exemple penser à installer des systèmes d’alarme adaptés, intégrant des signaux visuels pour des personnes malentendantes.” Et, bien sûr, il convient de former l’ensemble du personnel aux procédures d’intervention et d’évacuation.

“Tous ces éléments (réglementation, formation, prévention) n’ont en fait qu’une finalité, qui est clé dans la gestion d’un départ de feu : minimiser le temps de réaction. Il existe un vieil adage qui dit que pour arrêter un incendie, il faut un verre d’eau la première seconde, un seau d’eau la première minute et une tonne d’eau au-delà de 10 minutes.”

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