La transition écologique ne transforme plus uniquement les modèles économiques : elle redéfinit aussi les besoins en recrutement. Longtemps associés à quelques filières spécialisées, les métiers verts et verdissants concernent désormais une part croissante des recrutements dans tous les secteurs.
Les données analysées par le Groupe Randstad montrent qu’en 2025, 2 050 871 offres d’emploi publiées en France intégraient au moins un marqueur lié à la transition écologique et énergétique, soit 18,6 % des recrutements ouverts sur le marché.
Mais derrière ces chiffres, une réalité s’impose : les entreprises ne recrutent pas uniquement de nouveaux métiers. Elles recherchent surtout des compétences vertes intégrées dans des métiers existants.
Alors, comment adapter sa stratégie de recrutement à cette évolution ?
en bref.
- En 2025, 18,6 % des offres publiées en France intégraient au moins un marqueur lié à la transition écologique.
- Les entreprises recrutent moins de “ nouveaux métiers verts ” que de compétences vertes intégrées aux métiers existants.
- Les profils les plus recherchés restent des métiers techniques : maintenance, CVC, fabrication, gestion de projet et commerce.
- La mobilité durable (+9,1 %) est le segment qui progresse le plus dans les recrutements liés à la transition écologique.
- Pour recruter efficacement, les entreprises doivent mieux qualifier les compétences attendues et rendre leurs offres plus concrètes.
au sommaire.
- les métiers verts et verdissants ne sont plus un marché de niche
- ce que les entreprises recrutent vraiment aujourd’hui : des compétences vertes dans des métiers techniques
- les secteurs où la demande évolue le plus
- comment adapter sa stratégie de recrutement à cette nouvelle réalité ?
- la nouvelle équation du recrutement : passer du discours à l’exécution
- FAQ : métiers verts, métiers verdissants et recrutement
les métiers verts et verdissants ne sont plus un marché de niche.
Parler de recrutement durable ne signifie pas uniquement recruter des experts environnement.
On distingue généralement :
- les métiers verts, dont la finalité est directement liée à l’environnement (gestion des déchets, énergies renouvelables, dépollution…) ;
- les métiers verdissants, qui existaient déjà mais intègrent progressivement de nouvelles compétences liées aux enjeux environnementaux.
C’est précisément ce que révèle l’analyse des offres d’emploi : 958 qualifications différentes ont été identifiées comme concernées par la transition écologique, couvrant une grande diversité de secteurs et de fonctions.
Autre enseignement : malgré un ralentissement du marché global de l’emploi, les recrutements intégrant une dimension écologique résistent mieux.
En 2025 :
- marché global : -4,3 %
- offres liées à la transition écologique : -3,3 %
Cette moindre baisse montre que ces besoins deviennent progressivement structurels dans les politiques RH des entreprises.
ce que les entreprises recrutent vraiment aujourd’hui : des exigences écologiques dans des métiers techniques.
L’idée selon laquelle la transition écologique créerait uniquement de nouveaux métiers est de moins en moins représentative du terrain.
Les profils les plus recherchés dans les offres intégrant une dimension écologique restent avant tout des métiers socles :
- technicien de maintenance
- commercial
- agent de fabrication
- chef de projet BE / R&D
- technicien CVC
Le signal est fort : les entreprises cherchent désormais des professionnels capables d’exercer leur métier avec de nouvelles exigences environnementales.
Autrement dit :
- un technicien de maintenance intervient sur des équipements plus sobres
- un chef de projet pilote des objectifs environnementaux
- un commercial valorise des offres alignées avec des engagements RSE
- un technicien CVC travaille davantage sur la performance énergétique
La compétence verte devient une couche supplémentaire de qualification, plus qu’un métier autonome.
les secteurs où la demande évolue le plus.
Tous les secteurs n’avancent pas au même rythme.
la mobilité durable accélère.
C’est la grande dynamique observée en 2025 : les offres liées à la mobilité propre progressent de +9,1 % sur un an.
Cette croissance s’appuie notamment sur :
- le développement des mobilités douces ;
- l’électrification ;
- les infrastructures de recharge ;
- les politiques RH intégrant davantage d’avantages liés aux déplacements durables.
L’étude souligne aussi un phénomène intéressant : certaines mentions comme le “ vélo ” apparaissent parfois davantage comme un levier d’attractivité employeur que comme une compétence technique attendue.
les fonctions environnementales deviennent plus stratégiques.
Le thème « politique environnementale des entreprises » représente le plus grand volume d’offres observé.
Les mots-clés les plus présents sont :
- RSE
- développement durable
- HSE
- durabilité
Une évolution se dessine : les entreprises semblent passer d’une logique de conformité à une logique de pilotage.
Le recul des références HSE au profit de notions de durabilité ou de reporting extra-financier traduit une montée en puissance des enjeux de gouvernance et de mesure d’impact.
certains secteurs ralentissent mais restent structurants.
Deux domaines enregistrent un recul marqué :
- énergies renouvelables : –17,5 %
- éco-construction : –12 %
Ce ralentissement semble davantage conjoncturel que structurel : inflation des coûts, ralentissement immobilier et arbitrages sur les investissements.
Pour autant, les besoins en maintenance, rénovation énergétique et exploitation restent élevés.
comment adapter sa stratégie de recrutement à cette nouvelle réalité ?
Face à ces évolutions, publier davantage d’offres ne suffira pas.
1. recruter des compétences avant de recruter des intitulés.
Chercher uniquement des profils « experts transition écologique » peut réduire inutilement le vivier.
Une approche plus efficace consiste à :
- identifier les compétences environnementales réellement nécessaires
- les intégrer dans des fiches de poste existantes
- préciser leur niveau attendu
2. rendre les attentes plus concrètes dans les offres.
L’étude montre que les notions générales comme « RSE » ou « développement durable » restent très présentes mais ne suffisent pas toujours à attirer les bons profils.
À la place :
- détaillez les projets
- décrivez les outils
- précisez les indicateurs suivis
- montrez les impacts attendus
3. miser sur la montée en compétences.
Les tensions concernent principalement les métiers techniques.
Former un collaborateur déjà opérationnel sur son métier peut être plus rapide que recruter un profil rare immédiatement disponible.
Maintenance, CVC, exploitation, ingénierie ou conduite de projets apparaissent comme des terrains particulièrement propices à cette logique.
4. faire de la transition écologique un sujet de marque employeur… mais pas uniquement.
Les candidats attendent de plus en plus des preuves.
Mettre en avant :
- vos actions de décarbonation
- vos engagements environnementaux
- vos projets d’efficacité énergétique
- vos politiques de mobilité
mais surtout montrer comment ces engagements transforment concrètement les métiers.
la nouvelle équation du recrutement : passer du discours à l’exécution.
L’année 2025 semble marquer un tournant. Après plusieurs années centrées sur les engagements et les feuilles de route, le marché entre dans une phase d’exécution : installation, maintenance, rénovation, mesure d’impact, conformité et pilotage.
Le défi RH n’est donc plus seulement d’attirer des profils sensibles aux enjeux environnementaux.
Il consiste désormais à identifier, qualifier et développer les compétences qui permettront réellement de transformer les activités.
Parce que demain, les entreprises qui recruteront le mieux ne seront pas forcément les plus “ vertes ” dans leur discours, mais celles qui sauront rendre la transition concrète dans leurs métiers.
FAQ : métiers verts, métiers verdissants et recrutement.
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quelle est la différence entre un métier vert et un métier verdissant ?
Un métier vert a pour finalité directe la protection de l’environnement ou la gestion des ressources naturelles (déchets, énergies renouvelables, traitement de l’eau…). Un métier verdissant correspond à un métier existant qui évolue pour intégrer des compétences environnementales ou énergétiques.
Aujourd’hui, la majorité des recrutements observés relèvent davantage du verdissement des métiers que de l’apparition de nouvelles fonctions.
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quels secteurs recrutent le plus dans la transition écologique ?
Les volumes de recrutement liés à la transition écologique se concentrent principalement autour :
- de la politique environnementale des entreprises ;
- de l’assainissement et des déchets ;
- de la mobilité durable ;
- de l’éco-construction ;
- des énergies renouvelables.
La mobilité durable est le secteur qui affiche la plus forte progression en 2025 avec +9,1 % d’évolution des offres.
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quels profils sont les plus recherchés dans les métiers verts et verdissants ?
Contrairement aux idées reçues, les profils les plus demandés ne sont pas uniquement des spécialistes de l’environnement.
Les entreprises recherchent surtout :
- des techniciens de maintenance ;
- des techniciens CVC ;
- des chefs de projet ;
- des agents de fabrication ;
- des profils commerciaux capables d’intégrer des enjeux de durabilité.
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comment adapter sa stratégie de recrutement à la transition écologique ?
Quatre leviers ressortent :
- recruter sur les compétences plutôt que sur les intitulés ;
- préciser les savoir-faire environnementaux attendus ;
- développer la formation interne ;
- rendre visibles les projets de transformation dans les offres.
La transition écologique devient progressivement un sujet de compétences opérationnelles et non uniquement de communication employeur.
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les métiers verts résistent-ils au ralentissement du marché de l’emploi ?
Oui. En 2025, les offres liées à la transition écologique ont diminué de 3,3 %, contre 4,3 % pour le marché global. Cette différence suggère que les besoins liés à la transition deviennent progressivement plus structurels dans les stratégies RH.