Fort heureusement, les recruteurs ne peuvent pas poser toutes les questions qu’ils désirent en entretien. Ces dernières doivent forcément être en lien direct avec l’emploi en intérim proposé, selon l’article L1221-6 du Code du Travail. Il arrive toutefois que certains employeurs prennent des libertés. Voici cinq exemples de questions interdites, auxquelles les intérimaires ne sont pas tenus de répondre. Et, en bonus, cinq pirouettes pour y réagir sans plomber vos chances d’être recruté !
quel est votre âge ?
Même si elle est interdite, cette question reste parfois posée par les recruteurs mal avisés, qui cherchent à savoir si un candidat est trop jeune pour un poste. Pourtant, toute discrimination basée sur ce critère d’âge – et sur 25 autres, eux aussi interdits par la loi – est punissable par des sanctions civiles et pénales.
💡 Si un recruteur s’aventure sur le sujet, le mieux est de rapidement réorienter l’échange vers votre niveau d’expérience en tant qu’intérimaire, sans jamais répondre à ladite question. Une autre stratégie d’évitement consiste à questionner le recruteur en retour. Vous pouvez par exemple lui demander pourquoi cette question est posée, afin de mieux comprendre son intention. Cela vous permettra également d’évaluer sa bienveillance.
avez-vous des enfants ? prévoyez-vous d’en avoir ?
Il arrive que les questions portant sur la vie de famille surgissent au cours de l’entretien, par exemple parce que l’entreprise recherche un profil susceptible de faire beaucoup de déplacements, que des horaires de nuit sont possibles…. Pourtant, l’article L1132-1 du Code du Travail précise que nul ne peut être écarté d’une procédure de recrutement en raison de sa situation de famille.
💡 La meilleure réponse à cette question est la suivante : « Ce n’est pas le sujet de l’entretien ». Sans vous offusquer, vous pouvez également vous enquérir du motif de la question. Cela peut vous permettre de savoir si elle se voulait discriminatoire. Si ce n’est pas le cas, il est possible de rebondir en posant une question sur la politique d’inclusion ou de parentalité de l’entreprise, par exemple.
avez-vous des problèmes de santé particuliers ?
L’état de santé – qui fait partie des 26 critères de discrimination protégés par la Loi – relève de votre sphère privée. Il ne regarde donc pas le recruteur et vous êtes en droit de le lui rappeler ! Il arrive que certains profitent de leur position de force pour poser cette question, parce que le poste à pourvoir est physique (port de charges lourdes, gestes répétés…) comme celui de préparateur de commandes, par exemple.
💡 Gardez en tête qu’en tant qu’intérimaire, vous êtes soumis à une visite médicale appelée « visite d’information et de prévention ». À cette occasion, un médecin du travail vous déclare « apte » ou « inapte » à l’exercice de votre poste. C’est d’ailleurs la seule information dont le recruteur disposera, un médecin de travail n’étant pas autorisé à transmettre le dossier médical d’un intérimaire.
d’où vient votre petit accent ?
Attention à cette question qui, sous-couvert de sympathie, peut être dangereuse. Si elle est formellement interdite, c’est parce qu’elle ne permet pas au recruteur d’évaluer vos qualités professionnelles pour exercer telle mission d’intérim.
💡 Si vous l’entendez en entretien, inutile de monter sur vos grands chevaux pour autant : essayez de savoir si le recruteur tente simplement de reconnaître vos origines parce qu’il est curieux ou qu’il souhaite vous détendre, ou si sa question est motivée par des préjugés qui sont discriminants. L’exercice étant périlleux, il est aussi possible de couper court à toute discussion sur le sujet de cette manière : « Je ne pense pas que la réponse puisse vous renseigner sur mes compétences professionnelles ».
êtes-vous syndiqué ? appartenez-vous à une organisation syndicale ?
Attention : terrain glissant, les entreprises ne raffolant pas des militants syndicaux ! Tout comme vos opinions politiques, votre appartenance syndicale relève de vos convictions personnelles. Cette question n’a donc pas sa place au cours d’un entretien en intérim. Même si la loi précise que tout travailleur peut librement adhérer au syndicat professionnel de son choix (selon l’article L2141-1 du Code du travail), mieux vaut ne pas répondre à cette question si elle vous est posée.
La première chose à faire est de garder votre sang-froid et de ne pas réagir avec vos émotions (même si, à l’instant T, elles sont vives !). « Je préfère ne pas répondre à cette question » ou « Cette question concerne ma vie privée » sont des réponses adaptées. Et si le recruteur insiste, passez votre chemin…
💡 Maintenant que vous maîtrisez mieux l’exercice de l’entretien de recrutement et que vous êtes prêt à faire preuve d’aplomb face à un recruteur qui fait potentiellement du zèle (rassurez-vous, ils sont peu nombreux !), tentez de décrocher une mission d’intérim et inscrivez-vous sur Randstad !