IA et emploi, les faux ennemis | Randstad
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Malgré certaines craintes, les progrès de l’intelligence artificielle pourraient s’avérer largement bénéfiques pour le marché de l’emploi, y compris dans l’industrie. C’est en tout cas ce que prévoient les études publiées récemment sur le sujet. Des métiers vont certes disparaître, mais d’autres, dont certains n’existent pas encore, vont mobiliser de nombreux humains.

La question des impacts potentiels sur l’emploi de la transformation digitale en général (et de l’intelligence artificielle en particulier) est de plus en plus présente dans le débat public. Certains discours sur le sujet sont anxiogènes, mais, dans leur grande majorité, les experts se montrent plutôt optimistes, en tout cas sur le long terme. « Il est bon de rappeler qu’historiquement, la productivité et le niveau de vie ont augmenté grâce à la spécialisation et au transfert des tâches routinières les plus ennuyeuses et les plus ardues de l’homme vers la machine », écrit sur son blog Ernst Ekkehard, chef de l’Unité des tendances de l’emploi à l’Organisation internationale du travail.
« Ce n’est pas la première fois que l’innovation technologique est considérée comme une menace pour le travail humain, rappelle de son côté Emmanuel Schupp, directeur général de Citrix France (entreprise du secteur numérique spécialisée dans les applications du cloud), dans une tribune publiée en mars sur InformatiqueNews.fr Quarante ans après l’invention de la machine à coudre, la première manufacture de vêtements mécanisée avait été réduite en cendres par les ouvriers qui craignaient de perdre leur emploi. Aujourd’hui, l’industrie mondiale du textile emploie environ 40 millions de personnes… »

58 millions d’emplois créés d’ici 2022 ?

De fait, nombres d’études tendent à démontrer que la “quatrième révolution industrielle” créera davantage d’emplois qu’elle n’en supprimera.

Le Forum économique mondial, fondation à but non lucratif qui réunit un millier de multinationales, a ainsi tenté d’évaluer les opportunités et les menaces que représente l’intelligence artificielle pour les métiers de demain. Un rapport publié en septembre dernier prévoit une création nette de 58 millions d’emplois d’ici 2022. 75 millions d’emplois seraient “déplacés” (c’est-à-dire reconvertis), mais 133 millions de « nouveaux rôles plus adaptés à une nouvelle division du travail » apparaîtraient simultanément.

Dans une étude présentée lors du dernier sommet de Davos, en janvier 2018, Accenture estime que les entreprises ayant investi dans l’intelligence artificielle pourraient augmenter leur chiffre d’affaires de 38 % et leurs effectifs de 10 % d’ici 2022 en dégageant notamment des gains de productivité.

Des impacts différents selon les secteurs

De façon générale, l’IA prendra une part de plus en plus importante dans la répartition du travail, mais la donne s’annonce contrastée selon les secteurs. D’après une étude britannique publiée en 2018 par le cabinet d’audit et de conseil PwC, 38 % des métiers des transports devraient être “déplacés” (du fait des voitures et des camions autonomes, des livraisons par drones intelligents…).

En revanche, PwC prévoit une augmentation de 34 % des emplois dans les métiers du médical, notamment dans l’accompagnement et le relationnel avec les patients. Il faut aussi s’attendre à ce que la montée en puissance de l’IA bouleverse les filières du commerce en ligne, des relations avec la clientèle, de l’accès à l’information, du marketing ou encore de la construction.

Les usines 4.0 recrutent

En 2018, Microsoft a publié « La force de travail du futur », un livre blanc consacré à l’avenir de l’emploi industriel face aux mutations portées par la transformation numérique et l’intelligence artificielle. Ce document confirme que toutes les entreprises industrielles verront leurs métiers se transformer et s’appuyer de plus en plus sur des outils logiciels et l’IA. Il les encourage à s’y préparer dès à présent, par exemple en investissant dans l’impression 3D et la fabrication additive, les robots intelligents ou la réalité augmentée.

Dans ce contexte, la grande question n’est pas de savoir qui licencier (ou “déplacer”), mais plutôt qui embaucher. Selon l’étude « Industrie 4.0 : la transition quantifiée », éditée par le cabinet Roland Berger en 2016, l’usine 4.0 représenterait un potentiel de création d’environ 10 millions d’emplois industriels en Europe occidentale d’ici 2035. « Des emplois disparaissent, et il s’agit souvent d’emplois répétitifs, tandis que d’autres se créent dans l’analyse de données, le pilotage des machines, etc. », résume Emmanuel Fages, partner de Roland Berger.

Enjeux générationnels

Beaucoup d’observateurs font remarquer que l’IA et ses différentes applications fournissent des solutions face à un enjeu qui devient crucial pour l’industrie : celui du départ en retraite des nombreux salariés issus de la génération du baby-boom. La robotisation devrait favoriser le maintien dans l’emploi des employés seniors, qu’elle soulagera des tâches répétitives et/ou physiquement exigeantes.

Pour autant, l’industrie fait face à une pénurie de main d’œuvre, et la faible attractivité dont pâtit le secteur auprès des jeunes rend la situation encore plus problématique. De ce point de vue, il y a matière à mettre en avant la transformation digitale de l’industrie pour rendre celle-ci plus attirante aux yeux des jeunes publics. Les initiatives se multiplient dans ce sens.

Des environnements de travail plus sûrs, des emplois moins délocalisables

« Les systèmes d’IA peuvent soulager nos mains (ou notre cerveau) de certaines tâches, mais je crois qu’ils rendront surtout les humains plus efficaces, pas moins nécessaires », écrit Emmanuel Schupp, partner de Citrix France. Selon lui, « en rendant la technologie plus intelligente, nous pouvons nous attaquer au maillon le plus faible du dispositif de sécurité de toute entreprise : l’humain. Des systèmes plus intelligents créent des expériences de travail à la fois plus simples et plus sécurisées. ».

L’intelligence artificielle et la transformation digitale de l’industrie pourraient avoir un autre mérite, celui de favoriser le rapatriement d’emplois délocalisés. Avec la robotisation, le coût du travail devient un critère moins déterminant, ce qui valorise d’autant la stabilité économique et énergétique, ainsi que la sécurité des infrastructures.

Des métiers qui restent à inventer

Si l’intelligence artificielle créera de nouveaux métiers, dont beaucoup très qualifiés, c’est parce qu’avant de remplacer l’homme pour certaines tâches, les machines doivent être conçues et programmées. Ainsi, il existe déjà des chatbot masters (des professionnels de l’apprentissage et du coaching des agents conversationnels) et ils deviendront de plus en plus nombreux, tout comme les data scientists, les ingénieurs en programmation linguistique et les chercheurs en IA. Il apparaît toutefois impossible de lister les nouveaux métiers qui se développeront avec la digitalisation de l’industrie puisque beaucoup n’existent pas encore…

Quoi qu’il en soit, certaines entreprises ont bien perçu la nécessité d’anticiper et d’accompagner l’arrivée de ce que l’on appelle parfois les “cols neufs”. Pour cela, elles mettent en place des logiques d’organisation agile qui rendent les équipes autonomes et flexibles. Mais tout le monde n’étant pas digital native ou digital addict, et quand les employeurs décident de faire appel à l’IA pour réduire la pénibilité du travail et améliorer la productivité des salariés, ils doivent prévoir un solide dispositif d’accompagnement au changement, tenant compte des dimensions éthiques et sociales.

Se former de façon continue pour rester employable

Un autre constat fait l’objet d’un large consensus : la nécessité de mettre l’accent sur la formation, qu’elle soit initiale ou (surtout) continue. « Les technologies évoluant rapidement, l’éducation et la formation doivent se poursuivre bien au-delà des années d’école, de façon à ce que les travailleurs puissent acquérir de nouvelles compétences ou se reconvertir durant leurs carrières », considère Ernst Ekkehard (OIT). Et ce, d’autant que les créations d’emplois liées à l’intelligence artificielle ne seront pas synonymes de stabilité professionnelle.

Dans son rapport de septembre dernier, le Forum économique mondial signale que 50 % des entreprises interrogées prévoient de voir leur main-d’œuvre à plein temps diminuer d’ici 2022 en raison de l’automatisation. Le travail de demain sera-t-il de plus en plus flexible et hyperspécialisé ? Beaucoup soulignent en tous cas la nécessité d’adapter les législations aux nouveaux modes de travail.

Entre salariés à plein temps et prestataires indépendants, il faut s’attendre à voir apparaître une multitude de statuts intermédiaires. Et tout cela, aussi, devra être géré avec intelligence…

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